Parler aux bonnes personnes, au bon moment et de la bonne façon

26 juin 2019
  • Portraits d'entreprises

En plus de regrouper cinq médias numériques indépendants, la coopérative Culture cible est en train de se tailler une place de choix dans le domaine de la création de contenu destiné aux arrondissements et institutions artistiques. À la tête de la plateforme Le Canal auditif, qui est membre de la coop depuis deux ans, Louis-Philippe Labrèche participe cette année à L’économie sociale, j’achète! afin d’acquérir des outils pour mieux répondre aux besoins de cette nouvelle clientèle que Culture cible développe depuis quelques années.

« Tous les médias subissent une baisse de revenus publicitaires importante et sont en décroissance forcée, explique-t-il, mais Culture cible est en croissance! On va bien, dans ce milieu qui ne va pas bien. Offrir nos services aux institutions nous permet d’aller chercher des revenus supplémentaires à l’aide de connaissances qu’on a déjà et de répondre à leurs besoins. » Labrèche cite le mandat de gestion de blogues qui leur a été octroyé par l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve en guise d’exemple.

Pour Culture cible, l’initiative est donc une porte d’entrée pour découvrir le fonctionnement des organismes publics et parapublics, un milieu qui peut être très difficile à percer. « Les activités de maillage nous aident aussi à comprendre comment mieux nous positionner en tant qu’entreprise d’économie sociale. On n’a jamais misé sur cet aspect, mais on réalise de plus en plus qu’on devrait le faire, que c’est un atout et qu’il y a des politiques mises en place pour favoriser nos liens avec les institutions. » Labrèche révèle qu’un autre objectif de sa coopérative est de développer plus de nouveaux partenariats à l’extérieur de Montréal.

En plus de faciliter les rencontres avec des clients potentiels et de resserrer les liens entre les entreprises participantes, L’économie sociale, j’achète! est pour Culture cible un moyen de réfléchir à ses stratégies de gestion et de planifier sa croissance. « La séance de codéveloppement a été vraiment intéressante pour nous. C’est utile d’entendre les solutions proposées par des gens du milieu des médias numériques et des communications. Ça permet d’aborder d’une manière nouvelle des problématiques présentes depuis longtemps », estime Labrèche.

Parmi ces problématiques se trouve le recrutement. « On a besoin de recruter quelqu’un pour s’occuper des ventes, mais ce n’est pas facile dans notre milieu. On n’a pas les mêmes moyens financiers qu’une grosse entreprise, et il faut que la personne comprenne bien le monde culturel et les balises de notre façon de faire : par exemple, on tient à nos éditoriaux et à notre indépendance médiatique. » À cet égard, Labrèche considère que la formation en ressources humaines a fourni des pistes de réflexion très pertinentes pour son organisation.

Au cours de la prochaine année, Culture cible continuera de développer les services de rédaction culturelle et de création publicitaire qu’elle propose aux grandes institutions. « Je suis vraiment fier de la série de podcasts qu’on développe pour la Place des arts », raconte Labrèche, qui en est le coordonnateur et recherchiste. « Plutôt que d’en faire un outil de promotion, la PdA voit la série comme un outil de médiation culturelle : on y parle d’art et on va au fond des choses. C’est un projet qui correspond tout à fait à ce que Culture cible souhaite offrir. »

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